Éthique et intelligence artificielle: que voulons-nous au juste?

jeudi, 26 avril 2018

Éthique et intelligence artificielle: que voulons-nous au juste?
L’intelligence artificielle (IA) est, avec raison, un des sujets les plus discutés depuis quelques mois. Certains voient dans l’IA la solution à tous nos problèmes alors que d’autres y voient plutôt une menace à l’existence de l’humain. Les questions que son développement soulève sont fondamentales et ne sont assurément pas neutres sur le plan de l’éthique. Parmi ces questions :

Comment passerons-nous de la société matérielle à une société digitalisée? Quels seront les impacts de l’intelligence artificielle sur la société? Quelles seront les valeurs d’un tel monde? Comment vivrons-nous? 

Une réponse à ces interrogations est impossible sans élever le débat au rang des grandes questions que n’ont cessé de se poser les philosophes tout au long de l’Histoire.

Qu’est-ce que la vie? Quelle humanité désire-t-on? 

Les tenants de la science affirment que l’on ne peut empêcher son développement et que, de toute manière, la science est neutre; ce qui, sans être faux, est inexact. Si la science en elle-même est neutre, son développement, lui, ne l’est pas. Une donnée n’est pas qu’une donnée; pensons seulement à la récente dérive de Facebook et de Cambridge Analytica, dont on ne mesure d’ailleurs pas encore l’ampleur des conséquences.

Ainsi, le déploiement de l’IA ne saurait être fait sans inclure le sujet du futur de la vie même. Ce qu’elle pourrait être. Ce qu’elle devrait être. Ce que l’on voudrait qu’elle soit. 

Toutefois, en amont de ces questions, nous croyons que le plus grand danger qui menace l’humanité se situe à court terme et qu’il n’est pas le développement de l’intelligence artificielle en tant que tel. Nous croyons plutôt que, devant l’importance des questions mentionnées plus haut, le plus grand danger est le renoncement de l’humain à la réflexion critique. Le plus grand danger à ce moment de l’Histoire est que l’humain ne désire [déjà] plus s’interroger sur lui-même, qu’il ne s’intéresse qu’à peu de choses outre son confort personnel et immédiat.

Depuis une vingtaine d’années, on remarque que l’humain a graduellement renoncé à réfléchir; qu’il a remplacé la réflexion par la fête et par le divertissement. En quelques mots. l’humain préfère dorénavant s’amuser. L’Homo festivus  annoncé par Philippe Muray est arrivé à un stade de son histoire où fêter et se divertir est plus important que tout. De nos jours il est facile de constater, tant dans les médias que dans la société : la réflexion n’a pas bonne presse, on lui préfère le commentaire ou l’opinion. Au fond, réfléchir prend trop de temps dans une société qui préfère la gratification immédiate. 

Ainsi, préférant s’amuser à réfléchir, on choisit d’utiliser une application gratuite, immédiatement, parce qu’on la désire, sans penser au coût réel, mais camouflé, de cette gratuité. Et c’est à ce point que se situe le danger : en plus de devoir comprendre que rien n’est gratuit, comment répondre aux grandes questions qui engagent l’avenir de l’humanité si tout ce que l’on fait doit être ludique et accompli dans l’instant? La réponse aux grandes questions exige temps long et réflexion. La vie n’est pas qu’un jeu où l’on peut constamment recommencer.

L’IA, pour le moment, est une formidable machine à calculer. L’IA calculera toujours plus vite que l’humain; un algorithme battra toujours le meilleur joueur d’échecs au monde. Par contre, il faut aussi savoir qu’un algorithme ne ressent rien, qu’il ne ressentira jamais rien; qu’il n’éprouvera aucune fierté ou satisfaction en battant l’humain aux échecs, tout comme il ne ressentira aucune culpabilité à exterminer une population.  Un algorithme n’a ni volonté propre ni sentiments. Un algorithme ne peut apprécier l’art ni connaître le bonheur. Un algorithme ne pense pas; c’est encore à l’humain que revient la tâche de ressentir et de réfléchir. Ces deux derniers éléments sont le propre de l’humain. 

Au fil du développement de l’IA, il faudra faire en sorte que les actions accomplies par les algorithmes soient fondées sur une éthique de l’humanité, au bénéfice de l’humain, pas sur une éthique de l’IA au bénéfice de l’IA ou de Silicon Valley. 

L’humain doit continuer à réfléchir et à initier les actions de l’algorithme; ce n’est ni à l’algorithme ni au service des plaintes d’une startup de déterminer une éthique de l’IA.

Le principal enjeu éthique au cœur de l’I.A. doit être de préserver l’humain. 

Absolument.

Avec l’humain subsistera la possibilité de créer des liens qui ne sont pas que des connexions; subsistera également l’existence de valeurs et de vertus telles le respect et l’empathie. Comprendre l’Autre, ne pas le heurter inutilement, vibrer avec celui-ci ne seront jamais réductibles à une suite de uns et de zéros.

Il y a des moments dans l’Histoire où nos décisions s’écrivent à l’encre; il convient alors de faire très attention et de ne pas faire de fautes.

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